#1 26/04/2016 12:23:37

Black_lizard gardien
Gardienne reptilo-moustachue
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Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

[Ceci est un message temporaire] Voilà le sujet dans lequel j'aimerais rassembler tous mes RP (où ce qui s'en rapproche, à part mon tout premier, mes RP s'apparentent plus à des réponses romancées qu'à de véritables contes...) pour apporter un peu plus de cohérence à l'histoire de mon personnage.

Les aventures d'Hodgi m'ayant donné envie de continuer à palabrer sur cette vieille carne qu'est devenue Black Lizard j'essaierai de tenir ce fil à jour et de tout regrouper dans un post de tête. Seulement voilà, même si ce ne sont pas des pavés, mes textes traînent un peu en longueur et prennent pas mal de place à l'écran. J'ai une seconde envisagé l'utilisation d'une balise spoiler pour éviter la surcharge du message premier de ce fil, mais je ne sais pas si ce principe va à l'encontre des recommandations du FDLCABS... Attendez vous à des modifications régulières durant la phase de test de mise en page jusqu'à l'obtention d'une solution satisfaisante. Et n'hésitez pas à suggérer vos idées pour résoudre ce problème saumonesque. Merci [Ceci est un message temporaire]

Ici s'échouent les diverses histoires et multiples documents que l'on a pu regrouper au sujet de Black Lizard. Point de vie trépidante et aventures rocambolesques pour notre Zcraftienne, outre quelques échauffourées durant l'ère sombre post Vehkatre, elle n'a eu cesse de fuir les ennuis, les prophéties et autres objets ensorcelés qui en plus de vous conférer un destin hors du commun ont aussi une légère tendance à vous promettre un décès prématuré. Malheureusement sur notre chouette contrée qu'est Zcraft, les ennuis ont vocation à survenir assez régulièrement nous sortant alors de cette molle torpeur qui nous frappe l'été venu. Même vivant reclus dans une grotte sous une cité futuriste tel le bon ermite que vous êtes, vous pouvez être sûr de vous frotter tôt ou tard à la déveine divine qu'un dieu un peu las vous enverra dans le coin de la tronche.

Donc. Point de vie trépidante et aventures rocambolesques pour notre Zcraftienne...

DOCUMENT N°1 : Epoque post-destruction de Vehkatre – Carnets de bord : L'arrivée de Black_lizard sur les terres Zcraftiennes // Un étrange inconnu

Carnet de bord d'une moustachue sans moustache.

10Fev-162ap.Zp.

Zcraft a un nouvel héros ! Gjiorkvak a vaincu la Vipère Noire. Je sens qu'on peut compter sur lui pour protéger Cap Earl. Mais depuis peu... Je fais des rêves étranges... Et je me demande s'ils sont réels. Je vois des terres inconnues, déchirées par des guerres de clans.


18Fev-162ap.Zp.

Me voici à bord de l'Utopia, grande arche qui nous a permis de nous sauver. Vehkatre est complètement anéantie... Heureusement nous sommes tous indemnes. Helldog et Zouzou ont pris les choses en main. Pour ma part j'ai tendance à me fier aux instructions de Hell.

21Avril-162ap.Zp.


Tout va de mal en pis. La Vipère ne semble pas en avoir terminé avec nous. Elle a relancé une attaque alors que nous venions de nous échouer sur une nouvelle terre. Gjiorkvak nous a de nouveau prouvé sa valeur en terrassant notre ennemi. Enfin, c'est ce que m'ont appris mes anciens coéquipiers. Mais rien n'est plus comme avant. La séparation était inévitable. Suite à de nombreux conflits entre les Zcraftiens ils ont dû se diviser. Zouzou et Helldog ont pris la tête de deux groupes. D'autres ont préféré tenter leur chance seuls, dans le désert. Évidemment j'ai suivi Helldog. Et... J'avoue avoir pensé retrouver... J'espérais qu'elle... Mais bon il faut croire que Bambelle n'est plus celle que je pensais connaitre... Ces Pendragons sont des TRAITRES !
 Nous sommes les Devils, et nous les détruirons.

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Chronologie relative de la vie de Black Lizard.

Novae, quelque part vers la fin de l'ère Vehtroa…

Black Lizard arriva dans cette ville de bois suite à l'appel d'une ancienne amie, Bambelle. Zcraft manquait de main d'oeuvre pour ses projets architecturaux, et puis un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal, avait-elle dit. On ne pouvait pas dire que Black Lizard était réellement seule auparavant. Elle vivait dans une forteresse troglodyte avec Borntogrill, et avait énormément de travail. Mais les délires schizophrènes de son compagnon et l'envie de voir du pays l'avaient incitée à répondre à l'offre de Bamb.
Black n'était pas arrivée au meilleur moment. La construction d'une ville sous-marine prenait beaucoup de temps à la communauté, et elle se sentait un peu perdue parmi tant de monde. Et puis… Bamb avait changé. Elle était devenue… légèrement tyrannique. Malgré tout Black s'adapta au mode de vie et noua quelques relations. Elle commençait à se faire à l'idée de vivre dans ces contrées.
Mais un serpent était tapi dans l'ombre, attendant son heure. Furieux que de simples mortels pillent son château, il détruisit la Vehtroa, semant le chaos à coup de TNT.


Cap Earl, durant l'ère Vehkatre...

Transportés sur une terre nouvelle lors de la destruction de leur ville, les zcraftiens surmontèrent la perte de Vehtroa et rebâtirent une cité qu'ils voulurent plus solide. Mais leur motivation était sérieusement ébranlée par les actions de la Vipère Noire. Ils savaient qu'elle reviendrait, toujours plus forte, toujours plus terrifiante. Sa menace planait au-dessus de Cap Earl comme un oiseau de mauvais augure.

Et effectivement elle revint. Des jeux avaient été mis en place pour élire le héros de Zcraft. Panem et circenses. Les gens affluaient des quatre coins de Vehkatre comme participants ou simples spectateurs. Ce fut grandiose, et Gjiorkvak ressorti vainqueur du long parcours. Mais alors les cieux se déchirèrent, laissant apparaitre cet être abominable qu'est la Vipère Noire. Elle fendit les airs à la poursuite du héros. Le choc fut rude, brutal, bestial. La lutte fut longue, haletante, éreintante. Mais aidé de ses compagnons Gjiorkvak rendit coup pour coup, et finit par terrasser la Vipère. Les zcraftiens élevèrent Gjiorkvak au rang de héros de Zcraft. Avec lui, ils n'avaient plus rien à craindre de l'immonde reptile.

Lors de la construction de la statue du héros, tous entendirent un rire lugubre suivit d'un long sifflement résonner dans les airs.


Quelque part dans les océans, dans un petit Bastion.

Après avoir traversé les océans, fait face au manque de nourriture, au soleil harassant et aux tempêtes glaciales, l'équipage de l'Utopia rencontra un typhon hors du commun, déclenché par l'ire de la Vipère Noire. Il leur fut impossible d'y échapper. Leur fin semblait alors inéluctable. Mais la Vipère ne paraissait pas vouloir en finir là, de cette manière. Cette créature perverse voulait d'abord jouer avec ses pantins, comme un chat avec une souris. Elle les laissa alors s'échouer sur un rivage.

Un bastion fut rapidement créé par les zcraftiens exilés. Des voyageurs de contrées lointaines passaient de temps à autre pour vendre leurs marchandises ou faire du troc. La vie reprit lentement son cours dans ce petit fortin. Mais certains naufragés pensaient déjà à partir pour recréer une ville les rassemblant à nouveau, le système de troc étant trop éloigné des notions de partage qu'ils connaissaient à Zcraft.

C'est ici que Black se réveille après quelques mois de coma dus à ce voyage mouvementé. Lors de son réveil, elle ne reconnait plus ses amis qui lui demandent de choisir son camp. Et face aux tensions qui déchirent la communauté, elle préfère rester neutre et faire connaissance avec les voyageurs de passage au Bastion.
C'est à la taverne qu'elle rencontrera celui qui lui volera deux années de sa vie.

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*Flashback*
" Bonjour, vous ne me connaissez pas, mais on parle beaucoup de vous au Bastion. Vous êtes celle qui vient de se réveiller. "

La voix était suave, doucereuse. Elle chuchotait à peine, chuintant près de ma nuque. La tessiture de sa voix était basse. Je l'avais clairement entendue malgré le bourdonnement des conversations qui emplissait la grande salle de la taverne. Je me retournais sur mon tabouret, dirigeant mon regard vers l'homme qui venait de murmurer à mon oreille.

J'analysais rapidement sa silhouette et le peu de ce que je pouvais voir de son visage. Il était plus grand que moi dépassant le mètre 75. Sa cape de laine grise laissait entrevoir ses jambes et une partie de son torse. De corpulence mince avec ses cuirs bouillis, ce qui me laissait penser qu'il était en réalité à la limite de la maigreur, il me surplombait, m'emprisonnait, ses bras s'appuyant sur le comptoir de part et d'autre de ma taille. J'essayais de distinguer son visage sous sa capuche rabattue. Je ne vis qu'un regard sombre luire brièvement et une fine bouche au sourire mesquin s'étirer lentement, il se riait de mon regard inquisiteur.

Bien que vexée par la vision de sa bouche moqueuse, je lui jetais un coup d'œil curieux.

"Et vous êtes…
- Appelez-moi Noshëan."

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La ruée vers le Froid

Une fois les bases de la nouvelle monnaie posées, Zouzouboy et Helldog décidèrent de partir chacun de leur côté et de construire leurs villes à environ 200 blocs du Bastion. Black vit la troupe d'Helldog partir au loin. Le chef avait décidé de lui accorder sa confiance en la laissant accueillir les retardataires au Bastion afin de les mener vers leur base.

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*Flashback*

Une silhouette court sur la grève, vers le bastion. Il dépasse les grandes portes de bois, son casque à cornes sur la tête, son armure de plates à la main. Le bruit de ferraille effraie les poulets qui volettent vers la cascade en caquetant, les passants se retournent à son passage lançant des regards réprobateurs. Il s'arrête devant moi essoufflé, plié en deux, son équipement à terre.

"Hmmpf... Hmmpf… Je… Je... Je suis en retard... ?
- Oui. Ils sont partis.
- Je... hmpf... hmpf... On va y arriver quand même ?
- Les traitres sont partis de leur côté. Il fait jour. On n'aura pas de problème. Helldog m'a laissé les coordonnées.
- Excusez-moi, mais je ne pense pas vous connaitre…
- Hmm. C'est ce que je pensais. Je suis Black Lizard. J'étais présente surtout en Vehkatre. J'ai… disons… Je viens de réintégrer la communauté.
- Je suis Mear. On parlera plus tard. Il reste des retardataires ?
- Ils coucheront à l'auberge, on doit partir avant le crépuscule."

Nous nous mîmes en route, traversant le désert en direction des forêts glaciales.

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Ekallim et Chimaera.

Helldog attribua à chacun une tâche, et grâce à son organisation les Devils avancèrent rapidement. BoTmania fournit assez de pierre et de minerais pour élever des murs, ToonBoom procurât assez de bois pour construire les maisons, Sigismund et Helldog œuvrèrent de concert en tant qu'architectes…
Mear et Black s'étaient liés d'amitié durant leur périple jusqu'à la base. Ils décidèrent d'habiter ensemble et d'amis devinrent amants, puis concubins.

Black avait une position importante chez les Devils. Sa réhabilitation dans la communauté s'était bien déroulée, et les gens semblaient l'apprécier. Mais elle ne sortait jamais des remparts, l'extérieur paraissait l'effrayer, et elle préférait travailler sur sa nouvelle ville Chimaera.

Pendant qu'elle passait son temps à tracer des plans, écrire des livres, trier le courrier du Jarl Helldog, Mear partait explorer les alentours. Il lui racontait au travers de leurs conversations épistolaires ses périples, ses découvertes. Elle vivait à l'extérieur à travers lui. Il lui était parfois compliqué de trouver un village d'où poster ses lettres, mais il ne manquait pas de lui relater chaque jour de son voyage.

Leur relation était basée sur une confiance mutuelle hors du commun. Mear ne manquait pas de protéger Black des attaques mesquines de Pendragons.

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*Flashback*

"Tu sais que tu ne vaux pas plus que moi. On est pareil. Tu sembles douce et innocente mais au fond tu n'es que haine, souffrance et déception. Laisse tout ça sortir. Tu sais qu'ils ne sont pas comme toi, ce ne sont que des moutons qui suivent fièrement leur chef. Helldog est vaniteux. Il les mène à la baguette mais il n'est pas roi. Tu es bien plus puissante que lui. Ne te laisse pas entrainer par eux. Reste bien en dehors de leurs histoires. Pourquoi choisir entre les Devils et les Pendragons. Entre les pleutres et les barbares. Reste avec moi. Tu sais combien tu es importante à mes yeux. Cherche en toi. Tu le sais.
- Mais ils étaient mes amis, ils...
- Oui, ils l'étaient. Ça fait 6 mois que vous vous êtes échoués sur la plage. Et tu n'en as aucun souvenir. Je les ai vus pendant que tu étais endormie. Ils ne se sont pas préoccupés de toi. Qui était présent à ton réveil ?"

Je me souvint brièvement de ce regard sombre et lumineux. Le même que celui que j'avais revu à la taverne.

" Toi, soufflai-je
- Oui j'étais là. Prépare-toi maintenant. Il ne va pas tarder.
- Comment est-il ?
- Tu le sauras bien assez tôt."

J'enfilai mes bottes et agrafai ma cape de voyage en laine grâce à la fibule d'argent, d'émeraude et d'obsidienne qu'il m'avait offerte. Un lézard. Les yeux verts de ma broche accrochèrent la lumière des chandelles noires avant qu'il ne les souffle.

" Noshëan. J'ai peur. Je t'aime. Murmurai-je
- Je sais."

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Quelques années après la construction d'Ekallim...

Le voyageur perdu (Enquête solitaire)

Hier soir nous avons reçu un appel au secours. Un homme à la recherche de la Vipère noire a disparu. Chacun est parti sur ses traces. Les traitres aussi sont sur le coup. Tous œuvrent de leur côté, sans partager d'indices, espérant par-là retirer une satisfaction personnelle. L'esprit de groupe est de moins en moins présent au sein même des factions. Comment en est-on arrivés la ? La Vipère Noire continue de disloquer nos communautés, Son venin s'insinuant en chacun de nous.
Bien que conscient que l'individualisme nous mènera à notre perte, j'ai entrepris cette quête et espère la résoudre seule. Je ne sais plus en qui faire confiance. Mear est parti depuis un moment et je n'ai fait que le croiser lors de ses retours de chasse. Je ne peux compter que sur mes faibles capacités, mais ma ténacité me permettra de venir à bout de ces énigmes.
Il faut que je garde à l'esprit qu'il y a de faibles chances que je trouve cet homme en vie. Mais si ce chemin peut me mener à la Vipère, il me faut à tout prix le suivre. Quitte à me jeter dans Ses crochets.
Comment un être comme Lui peut être en vie ? Nous avons été aveugles. Nous avons fermé les yeux sur Ses méfaits, reconstruisant ce qu'Il détruisait, inlassablement. Nous aurions dû y mettre un terme avant qu'Il n'acquière autant de pouvoir. Maintenant il semble qu'il soit déjà trop tard. Je ne prétends pas pouvoir L'arrêter seule loin de là. J'ai juste besoin de savoir. De voir. Peut-être même de comprendre.
Mais est-il possible de comprendre un être a peine humain ? Il est indéniable que la folie s'est emparée depuis longtemps de la Vipère Noire. Jusqu'à quel point peut-Elle nous détruire ? Quel est l'étendue de Ses pouvoirs ? Ces questions resteront sans réponse si nous restons cloitrés dans le fort d'Ekallim.

J'ai commencé à rechercher des indices semés par le voyageur. Mais ses indications sont compliquées, et avec la construction de la seconde ville et le nombre d'habitants en hausse j'ai du mal à suivre. J'ai absolument besoin de coéquipiers. Nous avancerons ainsi plus rapidement. Gjiorkvak est revenu de son enquête... Et depuis il est plongé dans un profond mutisme dès qu'on mentionne le nom de la Vipère Noire. Nous devons démêler cette affaire au plus vite...

Le voyageur perdu (Enquête avec le Jarl)

Le Jarl en personne s'est proposé pour m'aider dans mes recherches. Il avait avancé de son côté et j'ai pu ainsi continuer à ses côtés. Nous sommes arrivés jusqu'à un donjon, que je n'aurais pu finir sans lui. Une fois sortis, nous avons lu ce qui semblait être un des derniers indices. Le voyageur paraissait vraiment être au bout de sa quête.


Le voyageur perdu (Enquête solitaire)

J'ai décidé de poursuivre seule, le temps presse.
Voila. C'est la fin. Le voyageur dans un de ses derniers écrits parle de ses rêves, de sa femme, de sa famille. Sa famille… Ils auraient pu être heureux EUX.

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*Flashback*
" Noshëan !"
L'homme brun assis sur la plage se retourne vers moi. Ses cheveux mi-longs sont emmêlés par la légère brise. Il sourit. Assise à côté de lui je lui prends la main. Nous nous embrassons. Le soleil nous réchauffe la peau. Les embruns marins nous rafraichissent. Il pose sa main sur mon ventre rond.
"Il sera beau."
Il appuie de sa paume de manière plus insistante.
"Je... Attention il est fragile."
La pression s'accentue.
"Tu…Tu me fais mal !"
Je lève les yeux vers son visage. Son regard luit comme un astre malsain. Il sourit toujours mais son visage est déformé par la rage. Il continue d'exercer une poussée sur mon abdomen. Je sens un liquide chaud se répandre entre mes jambes. Je souffre. Je hurle.
Je me réveille dans une chaumière sale et sombre. Je suis tombée en avant, me suis brulée la main gauche dans l'âtre tout juste éteint. Du sang coule le long de mes cuisses, le sol est poisseux. L'esprit encore embrumé de ce rêve qui paraissait si réel j'essaie de m'extraire de ma torpeur, j'appelle à l'aide, à moitié consciente. Une femme s'approche à grands pas, une bassine d'eau tiède et sale dans les mains. Elle m'éponge le front. Une douleur fulgurante me traverse l'échine. Je hurle à nouveau. Il arrive. Ça ne fait que 7 mois. Il n'a aucune chance. Les douleurs se rapprochent, je ne suis presque plus consciente de ce qui m'entoure. Des femmes s'agitent. Tout est flou. Les sons sont étouffés. J'ai l'impression de sombrer au fond de l'eau. Des souvenirs du naufrage remontent dans mon esprit. Je ne vois plus rien, je n'entends plus rien.

D'un coup un hurlement suraigu me ramène à la réalité. Il vit. Je regarde la nourrice à mes côtés, la seule amie que j'ai pu me faire pendant ces trois années au Bastion. Je pense à ce fils que je ne verrai jamais grandir. Il lui faut un nom. Un nom qui lui permettra au moins de se faire une place parmi eux.

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(Mot griffonné à la va-vite) NE PLUS PARLER DE CETTE QUÊTE. AFFAIRE CLOSE.


D'accord, cette vie qu'à vécu Black Lizard au bastion peut vous sembler trépidante... Mais comparée aux périples bravés par les aventuriers, aux guerres de clans entraînées par la grande scission Zcraftienne ce n'était que du menu fretin. Black Lizard vivait seule, recluse dans un fort, loin de ces quêtes et affrontements avec trésor à la clef et la malchance ou le destin avait voulu qu'elle tombe sur des agents de la vipère noire avec qui elle était à deux doigts de pactiser. Heureusement pour elle, elle n'avait fait que leur fournir un faible enfant de qui elle n'eu plus jamais de nouvelles.

C'était la période la plus sombre de sa vie et elle eu vite fait de la laisser derrière elle en prenant un bateau pour rentrer au plus vite aider à la fondation de Vessinque.


DOCUMENT N°2 : Quelque part sur V5 dans des ruines mystérieuses - Une sombre histoire de plans // Construction du Grand Hall

Black_lizard soulève le couvercle de son tombeau recouvert de 4,2cm de poussière dans un grincement sinistre. Elle fait craquer ses articulations, cherche sa mandibule parmi le tas d'ossement dans lequel elle est assise. Après quelques secondes de fouille elle brandit fièrement sa mâchoire inférieure au-dessus de sa tête dans un geste triomphant puis la rattache à son os maxillaire dans un claquement sec...

- Muiiiih ? C'est pourquoi ?
- M'dame, y a un nouveau plus si nouveau qui demande ce qu'il faut faire de l'arrière du Grand Hall... Vous savez... la construction que vous n'avez jamais achevée.
- Ah... J'ai dû laisser les plans dans le bureau, sur la grande table inclinée, tu les trouveras facilement.

Alors que sa maîtresse retourne à ses orgies squelettiques, le larbin se précipite de sa démarche inégale dans un escalier en colimaçon qu'il commence à gravir. Arrivé au huitième et dernier palier, essoufflé et cramoisi, il déverrouille puis pousse la lourde et antique porte en chêne qui lui fait face. Dans la pénombre ambiante il distingue le précieux parchemin, éclairé d'un rayon de soleil qui s'infiltre par le carreau brisé d'une minuscule fenêtre. Il s'en approche dans un silence religieux, le saisit délicatement...

Agenouillé devant le bureau d'architecte, le valet geint doucement, son corps est agité de soubresauts provoqués par ses sanglots. Devant lui gît un petit tas de poussière, autrefois parchemin sur lequel on pouvait admirer l'élévation de la façade arrière du Hall.




DOCUMENT N°3 : Dans une potentielle V6 // Ruines de V5 – L'interrogatoire du scribe

Black Lizard déambule dans le hall désert, l'écho de ses pas brisant le silence régnant habituellement sous les hautes voûtes en ruine, soulevant dans son sillage la poussière en suspension, ses grains minuscules voletant étincelants dans les rares rais de lumière qui percent à travers la végétation foisonnante et les quelques vitraux crasseux.

Sa démarche est chancelante, ses os craquent, son tombeau entrouvert l'attend au fond de la crypte sombre, mais elle a un dernier travail à effectuer avant de retourner dans son sommeil séculaire. Raconter. Se souvenir.

-M'dame ? Le scribe est arrivé. Il vous attend dans la bibliothèque.

Le larbin effectue une courbette, sa tête touchant presque le dallage de granit. Il repart, claudiquant, accomplir quelque tache de maintenance dans cet immense édifice qui lentement, pierre par pierre, se délabre.

Le scribe. Noyée dans ses pensées elle emprunte le grand escalier conduisant à l'aile ouest. Ce curieux personnage rassemblait des témoignages sur l'arrivée de chacun dans ce monde. Evidemment comme tout travail administratif, cette tâche avait pris du retard. Qu'importe. Elle était sortie de sa torpeur. Elle avait lu les textes de ses prédécesseurs. Maintenant elle devait tout mettre en œuvre pour raconter son histoire.
Arrivée devant la grande arche en pierre miraculeusement intacte marquant l'entrée de la bibliothèque elle réajuste ses vêtements, des haillons autrefois voiles et soieries ceinturées d'or parmi les plus riches étoffes poséidopoliennes.

Le scribe l'attend, installé derrière le grand bureau en acajou blond dans un lourd fauteuil, ses outils de travail éparpillés devant lui. Des cartes des différentes contrées explorées et exploitées par les Zcraftiens, des archives de certaines discussions des anciens et nobles fondateurs, des plans de bâtiments… A peine lève t'il la tête en l'entendant entrer. Elle s'assied avec nonchalance dans un siège curule, autre vestige de sa vie dans les noirs souterrains d'Hadès.

- Commencez donc.

- Pap's étant arrivé peu de temps avant moi, je me retrouve très bien dans son récit, notamment la partie qui décrit les premières visites de la v3, l'émerveillement face à certaines constructions (La Subitour, mon coup de cœur des premiers instants, Sigicoal et ses déclinaisons et bien d'autres). Mon histoire sera sûrement plus centrée sur le côté...  social de ma relation avec Zcraft, car c'est ce pour quoi je suis venue et c'est ce qui est resté aujourd'hui après 4 années passées sur ce serveur.

J'ai commencé Minecraft vers avril 2011, sur une carte à quatre mains (en local). Mon truc à l'époque c'était la déco, mais bon, il n'y avait pas grand-chose à décorer. Mes maisons étaient minuscules.

- Comment êtes-vous arrivée sur Zcraft ?

- Fin juin, début juillet 2011, après avoir joué quelques mois en solo, entraînée par Bambelle, je postais timidement ma candidature, qui, quand je la relis me montre à quel point j'ai grandi, évolué avec Zcraft. Je me souviens bien du jour où je l'ai postée, un peu nerveuse, persuadée que ce serveur n'avait pas besoin de moi, cette fille timide, inexpérimentée et un peu peureuse qui ne construisait que des maisons minuscules et avait une passion prononcée pour les poulets (Ebi, repose en paix).

C'était un peu flippant à l'époque cette candidature... Deux ou trois paragraphes obligatoires, avoir 18 ans minimum, une photocopie de la carte d'identité, les trois derniers bulletins, une signature avec notre propre sang en bas d'un papier chelou avec pleins de petits caractères (c'est comme ça qu'on se retrouve grande prêtresse d'Hadès... mais c'est une autre histoire).

En attendant la validation divine, j'ai dû passer quelques jours visiteuse, exploitée par la tyran qu'était Bambelle sur le chantier de « la ville sous-marine » (c'était son nom à l'époque), mon boulot ? Transporter les matériaux cuits des fours aux coffres. Le bagne quoi.

- Et votre candidature acceptée ?

- Une fois le précieux sésame en poche, j'ai pu commencer à m'établir à Novae. Une petite maison semi-troglodyte, un peu classe pour l'époque, mais c'est surement la nostalgie qui parle…

Au début très discrète (si si, je vous jure) j'ai appris peu à peu à m'intégrer dans cette petite communauté. Après avoir traversé deux versions, une carte RP-PvP complètement déjantée sur laquelle j'ai obtenu mon grade de modératrice (maintenant changé en « gardienne »), un concours où j'ai été désignée maitre d'œuvre le temps d'une journée et d'une nuit (les 24hdelafolie), des cartes temporaires plus que chaotiques avec leurs petits fortins, des KTZ et autres apocalyspes pleins de suspense (brulera ? brulera pas ?), des creuse-taupe à n'en plus finir (LA BOUSSOLE), moult IRL (desquelles j'ai été auto-promue organisatrice, ou désorganisatrice... ça reste à voir), je suis toujours (ou encore ?) là.

Au final que reste-t-il de mon passage sur Zcraft ? Quelques blocs posés çà et là, des coups de pioche par centaines dans les usines SIGICOAL°, une cathédrale [map / post / 1 / 2 / 3 croquis] (merci Ichi d'avoir tenu aussi longtemps sur ce projet), un hall [map / croquis ] (mal aimé de tous certains, le point culminant de ma carrière d'architecte de mon point de vue), des temples [map / croquis / Apollon / Hadès] (un de la lumière, l'autre des enfers, j'ai choisi ma voie, le soir j'entends encore les cris des quelques vierges qui alimentent le feu sacré) (La Légende dit qu'un autre temple aurait été construit par mes soins et ceux d'autres filles sur la V3, vers les contrées enneigées au nord de Novae, il répondrait au doux et mystique nom de Temple du Tralala). Deux-trois maisons (Novae, Cap Earl, Vaalon, Riveblanche). Des chambres ou appartements chez à peu près la moitié des anciens de Zcraft. Quelques RP (Sur la carte RP-PvP, ou quand on me pose une question tout à fait anodine et que j'ai vraiment de l'inspiration/de la bouillie à la place du cerveau). Des plans pas tout le temps très clairs. Des gribouillages. Pas grand-chose de matériel (s'il est possible de parler de choses matérielles sur un jeu virtuel), mais des milliers de bons moments.

J'ai passé 4 années sur mon premier serveur minecraft et j'espère que ça sera également le dernier, le seul. J'y ai rencontré des personnes fantastiques (vous) il m'a aidé à grandir, à être moins timide, m'a donné un peu plus confiance en moi. Oui Zcraft est comme une grande famille. C'est très cul-cul, mais c'est vrai. On s'est disputés, on s'est réconciliés, on a ri, on a pleuré (bon pas trop quand même) (sauf une fois, au cinéma) y a eu des bas, y a eu des hauts, mais on est toujours là. Parfois ça s'essouffle un peu, parfois on se lasse de jouer au même jeu, mais la communauté est toujours présente et continue de rassembler des gens supers.

Et maintenant me voilà, toujours aussi moustachue, faisant partie des meubles. Un peu décrépie sur les bords, un brin passéiste, toujours aussi aimable et souriante (j'ai même eu une médaille de la bonne humeur de la part de mon collègue ami du bon goût), toujours pas au point sur les dernières mises à jour (j'ai toujours pas tenté de faire une seule potion). Peu souvent en jeu, trop souvent sur mumble, toujours là pour les évènements, construire des cercles, les parties d'isketch, de L4D, de Tera, de Curve Fever, ou juste pour papoter, passer une bonne soirée ensemble, rigoler, boire un coup (si vous passez dans le coin faites-moi signe hein).

En ce moment, c'est l'été et comme tous les étés, je suis absente. L'IRL passe avant tout, mais je n'oublie pas Zcraft et les bons potes (et plus si affinités) que j'ai pu m'y faire. Je vous remercie tous d'avoir été là jusqu'à maintenant, les amis proches comme les visiteurs de passage, c'était très cool, et j'espère que ça va continuer de l'être !

Le scribe griffonne les derniers éléments de son histoire pendant qu'elle note sur les cartes ses différents points d'attache et marque dans les archives les passages où son nom apparait. Elle signe le registre, attestant par ce geste qu'elle a bien livré son témoignage, puis quitte la pièce sans un regard pour le gratte papier.

Elle rejoint le hall vétuste et silencieux, se dirige vers une grille de fer forgé cachée dans un coin obscur du chevet d'où part une volée de marches étroites qui s'enfoncent dans les ténèbres. En bas, la crypte, écrin gris et glacial dans lequel repose son tombeau.  Alors qu'elle s'y allonge, le larbin au pas cahoteux la rejoint avec précipitation, manquant de se rompre le cou dans les escaliers.

- M'dame ! Je viens de causer avec le scribe, il semble qu'il manque un document…
- Hm ? Oh, j'ai failli oublier, donne lui ceci, ce n'est qu'une copie, l'original a disparu après une fausse manipulation de ce bon vieux comte Kravis.  Sur ce, je retourne à ma sieste. Réveille moi en septembre je te prie.

A ces mots, elle referme la lourde pierre et sombre dans un long sommeil à nouveau.


Voilà toute trace écrite que l'on a pu trouver de Black Lizard. L'interrogatoire du scribe nous a permis de rassembler nombre de documents annexes pour étayer un peu les récits de cette Poséidopolienne, néanmoins il nous est impossible pour le moment de trouver d'autres sources relatant le passé de notre médaillée de la bonne humeur. Certains Zcraftiens assurent avoir assisté à un brève apparition dans un contexte pour le moins étrange, une société anonyme de déminage aurait eu recours à ses services :

DOCUMENT N°4 : Sur une préhistorique VHS - Une mystérieuse affaire de bombe

Un assistant en blouse blanche pousse un écran cathodique disposé sur un petit chariot dans la salle obscure, il bidouille le magnétoscope, vestige d'une époque que seuls ceux nés dans les 90's regrettent, parvient à mettre en marche les deux appareils et introduit dans le compartiment prévu à cet effet une vieille cassette, brique de plastique noire et poussiéreuse barrée d'un adhésif rouge portant la mention "top-secret : à ne diffuser qu'aux visionneurs les plus aguerris".

Les hauts parleurs de l'écran diffusent un son désaccordé propre aux vieux Vidéo Home System, quelques bandes strient l'écran lumineux, quand apparait enfin votre principal interlocuteur - qui en fait va juste vous faire un monologue (c'est une bande enregistrée pignouf, vous ne pouvez pas converser avec cette personne, on est pas sur Hangouts, Skype ou Facetime).

Cadrée dans un plan rapproché, la personne que vous voyez sur l'écran est faiblement éclairée par le haut et semble être accoudée à une table dans un décor sombre et délabré. Coiffée d'un chapeau et vêtue d'un imperméable beige ayant surement vécu des jours meilleurs, elle relève la tête et fixe l'objectif. Vous êtes persuadé d'avoir déjà vu cette personne quelque part, peut-être même sur Vessinque, dans la capitale, à Tentaclès, il y a fort longtemps maintenant. Ou peut-être juste aperçue sur TV Mumble, la chaîne universelle de Vessinque. Un vague souvenir, pensée fugace, vous fait même penser que cette personne est censée être importante, quelqu'un de plutôt pas trop mal placé dans la hiérarchie Zcraftienne, dont le nom pourrait apparaître en vert dans les documents officiels. Mais cette personne vous ne l'avez que rarement croisée. Ça vous en êtes certain.

Cette femme - car oui c'est une femme - savoure une sucette bicolore (crème et fraise, les meilleures) à défaut de fumer - ce qui, entre nous, rendrait ce plan bien meilleur à la fois par le geste plutôt classe et la fumée faiblement éclairée qui aurait pu l'entourer lui conférant alors une aura de mystère et de... bref, elle savoure une sucette (fraise et crème, les meilleures vous disais-je) - avant de prendre la parole, d'une voix feutrée mais autoritaire.

- Bonjour camarades ! Je suis Black Lizard - c'est un nom de code, ne cherchez pas - et je vous propose aujourd'hui de nous rejoindre, mon équipe et moi, dans une mission périlleuse, ingrate, que le monde ignore et pour laquelle vous ne recevrez aucun honneur, mais ô combien personnellement gratifiante.

Avec mon équipe de démineurs de l'extrême composée d'AmauryPi et Tyrano on a commencé à désamorcer deux trois bombes, par ci par là, sur notre temps libre, une sorte de hobby quoi...
Mais la menace s'étend et nous serons vite submergés par les attaques. Nous devons recruter, et c'est pour ça que je vous parle aujourd'hui, nous avons besoin de vous !

Bizarrement à chaque fois que l'un d'entre nous s'est trouvé devant une de ces boîtes explosives, amas métalliques de fils et de codes divers et incompréhensibles, bipant inexorablement le compte à rebours fatidique, le manuel de désamorçage semblait s'être vaporisé, envolé, disparu, POUF ! Bref. Chacun possède son manuel, bien au chaud, au cas où l'un d'entre nous appelle une fois face à la bombe. Vous parlez d'un hobby...

Boutons, fils à couper, messages en morse, mots de passe... tout est en prendre en compte, rien de doit être laissé au hasard, sinon... BOUM.

Vous devrez réviser ce manuel, comprendre facilement un diagramme de Venn, user de vos capacités cognitives à 100% pour ne pas paniquer devant cette lumière qui clignote comme pour vous faire passer un message (on appelle ça du morse, bleusaille), lire des instructions claires, simples et concises, carrément moins ésotériques qu'un manuel de montage IKEA pour un meuble FJÄLLBERGET. Où est le piège ? Vous n'avez pas le meuble devant vous... (La bombe, vous n'avez pas la bombe devant vous).

Si vous êtes côté bombe vous devrez suivre des instructions à la lettre (et si ça explose, vous pourrez toujours mettre la faute sur vos coéquipiers, enfin si vous en sortez vivant...) afin de désamorcer au plus vite cette petite boîte. Vous devrez décrire au mieux ce que leurs yeux ne peuvent atteindre et le faire de manière claire, simple et concise.

Bref vous pourrez trouver plus d'amples information sur notre mission à cette adresse (comment ? un lien cliquable dans une vidéo sur VHS ? heunbilivaybeule !) et trouver le manuel ici (ou pour les francophones, la traduction est fidèle)

Continuez de parler et personne n'explosera !

La vidéo se coupe, la neige apparait à l'écran dans un grésillement désagréable. L'assistant éteint le matériel et sort de la salle en poussant son petit chariot. Les lumières se rallument dans la salle.


Quelques aient été les nombreuses activités (lucratives ou non) de Black Lizard, le mystère quant à sa retraite dans ces ruines, sa disparition, son état de santé (dormir dans des ossements le secret de la longévité éternelle ?), l'origine de son serviteur Igoresque et ses brèves apparitions lors des plus grandes batailles reste entier.


DOCUMENT N°5 : Dans une potentielle V6 // Ruines de V5 – Souvenirs de Black Lizard

Black Lizard se souvenait.

À quel point le monde qu'elle connaissait autrefois était maintenant lointain.
Les contes et légendes étaient devenus une mythologie bien trop précise et stricte, officialisée et distribuée jusque dans les contrées les plus reculées de Veh Synch.
Les anciennes histoires peuplées de dragons, de merveilles, d'êtres plus mystiques les uns que les autres, d'enchantements et de magie étaient reléguées au simple rang de fabulations, de fables que l'on raconte aux enfants avant qu'ils ne sombrent dans le sommeil.
On ne rêvait plus. On agissait, on notait, on quantifiait, on ordonnait, on sondait, on votait. Chacun dans sa petite case, bien au chaud.
Où se plaçait-elle, elle ? Déjà bien trop en marge de cette société qui avançait à un rythme effréné elle avait un temps essayé de se raccrocher aux quelques éléments qui lui paraissaient familiers.
Construire une demeure. Lentement les réflexes reviennent. Faire des plans, s'intégrer au mieux dans ce terrain accidenté, l'harmonie avec le voisinage, l'équilibre des volumes, des pleins et des vides.
Les matériaux. Purs, chauds, enveloppants, riches et nobles. Une carapace de plus qui la sépare du reste.
Elle se tient seule en son centre, le doux foyer qui rougeoie palpitant nonchalamment en son sein. Son passé d'architecte remonte doucement dans sa vaste mémoire. Une case.


Comment elle s'était peu à peu sentie intégrée par ce monde.
Elle s'était discrètement faufilée dans la petite vie tranquille des Zcraftiens, souriante, aimable et timide. Elle liait des amitiés. Elle bâtissait. D'abord de faibles maisons, puis des temples, des édifices spirituels, des halls majestueux.
Elle rejoignait des chantiers gigantesques, où des ouvriers s'entraidaient, où les idées se confrontaient, s'entrechoquaient jusqu'à s'associer, se métamorphoser en une vision collective. Bien vite ces élans s’essoufflaient s'ils n'étaient pas entretenus.
On ne rêvait plus. On s'éloignait, on se barricadait, on s'emmurait, on cloisonnait, on se méfiait, on se séparait. Chacun dans sa petite case, bien au chaud.
Où se plaçait-elle, elle ? Déjà bien trop en marge de cette société qui bâtissait des murs pour se couper du monde elle avait un temps essayé de se raccrocher aux quelques éléments qui lui paraissaient familiers.
Parcourir ces terres. Lentement les réflexes reviennent. D'ouest en est. A travers les multivers elle retrouve les lieux emblématiques de son passage sur terre.
Relever les exploits des bâtisseurs unis, noter les coordonnées, traverser par tous les moyens, à la nage, à pied, avec ou sans monture. Emprunter les routes et les chemins de fer. Être témoin.
Elle se tient seule face à sa mappemonde, des dizaines d'épingles parsemant les continents. Ses souvenirs d'exploratrice refont surface. Une case.


Que le temps n'avait alors aucune emprise.
Au sein de cet univers s'écoulait une succession de temps, de vies. Vous viviez mille épopées quand votre voisin peinait à édifier sa première demeure. Les chronologies étaient tout à fait relatives et ce en fonction des êtres qui les composaient. D'un événement chacun racontait une version sans qu'aucune ne fut fausse. Il était possible de conter des choses futures, de construire ce qui appartenait déjà au passé dans ce temps qui s'engluait, sans cesse, durait, encore et encore et qui n'avait pourtant aucun impact sur le cosmos. Mais cet enchevêtrement complexe dérangeait. L'espace pouvait bien s'étirer à volonté, le temps lui se devait d'être immuable.
On ne rêvait plus. On triait, on datait, on hiérarchisait, on sectionnait, on effaçait, on rectifiait. Chacun dans sa petite case, bien au chaud.
Où se plaçait-elle, elle ? Déjà bien trop en marge de ces historiens qui classifiaient chaque information elle avait un temps essayé de se raccrocher aux quelques éléments qui lui paraissaient familiers. 
Raconter ces vies. Lentement les réflexes reviennent. Se remémorer. Les visages, les tics de langage, les attitudes. Chaque personnage oublié. Les paysages, les vallons, les rivières, les forteresses. Chaque contrée éloignée.
Les héros, les perfides, les chimères, les destinées. Chaque épopée négligée. Les existences croisées, les providences, les fatalités, les coïncidences. Chaque sentier effacé.
Elle se tient seule penchée sur son volume, la plume à la main. Les nuits au coin du feu passées à transmettre les récits de ce monde lui reviennent. Une case.


Case par case elle essayait de retrouver sa place, parmi les siens, dans ces lieux si familiers mais si distants.

Architecte, exploratrice, conteuse.


En vain. La lassitude profonde qui l'avait gagnée ne reculait en rien et emmurée dans cette torpeur placide elle cédait. Ce n'était pas que le monde qui avait changé, c'était elle qui était restée la même. Elle n'évoluait plus. Cloîtrée dans sa nostalgie elle avait laissé son entourage s'éloigner d'elle et la réalité la frappait avec la violence du ressac.

« Parfois ça s'essouffle un peu, parfois on se lasse de jouer au même jeu, mais la communauté est toujours présente et continue de rassembler des gens supers. »

Elle s'était alors détachée du monde. De cette matrice qui l'avait accueillie, chaude, enveloppante, tendre. S'ils n'étaient plus là, à quoi bon rester ? Pourquoi flâner sur les pavés déserts de ces centaines de villes, châteaux, temples, ports, usines, îles, navires, édifices tous plus grandioses les uns que les autres ? Qu'avait-elle à y gagner ?

Se réfugiant dans une région lointaine et solitaire, hors du temps, elle avait alors érigé son dernier rempart contre le reste. Un air glacial, un environnement sauvage et ces pierres claires qui s'étiraient vers le ciel obscur à l'infini, vers la nuit, le noir de l'espace, le vide de l'end sombre et chatoyant, les lumières diaprées englouties par les ténèbres, comme si le sol ne pouvait lui apporter qu'un réconfort sommaire et éphémère. Elle élève là ce cercueil, cet écrin des vestiges du passé. Dans ce monument qui s’étiole, se fane, périt au fil du temps, elle attend. Elle veille. Elle se souvient. Dans cette architecture qui devient ruine, se dégrade et s'éteint peu à peu, elle s'étend. Elle somnole. Elle se souvient.

Car c'est ce qu'elle sait faire de mieux. Se souvenir. Après tout c'est une gardienne. Une gardienne de la mémoire de ce macrocosme. Elle est la sentinelle de ces souvenirs. Une veilleuse. Une protectrice. Un cerbère. La concierge.

Ainsi Black Lizard s'était exilée après avoir fait face à sa nostalgie. Elle fera ensuite de brèves apparitions de temps à autre, comme dit précédemment, pour participer aux grandes batailles (nom de code : KTZ). Elle avait cependant perdu espoir et attendait, seule dans cette mystérieuse forteresse... Qu'attendait-elle exactement ? Nul ne le sait, pas même elle.

Dernière modification par Black_lizard (02/04/2018 20:28:30)


"You're a lizard, Laurie.
I'm a what?
A lizard."

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#2 27/04/2016 12:29:31

Hodgimann
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Re : Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

Black_lizard a écrit :

10Fev-162ap.Zp.

A quoi correspond le "Zp.", 162 après quoi ?


Petit chaton Mignon (10), Koala (30), Girafe (60), Mouton laineux (100), AK Carambar (150), Toutou Noob (200), Vampire qui fait peur ! (300) et les grades disparurent...

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#3 27/04/2016 13:01:37

Bambellop gardien
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Re : Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

162 ans après Zplay je suppose ^^ (Zplay=Zedoune)

En référence à "av J.-C" j'imagine smile


– Préfète de Rive-Blanche en Alloria et Maire de Tentaclès –

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#4 27/04/2016 13:14:10

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Re : Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

Ouaip c'est ça, c'est pas de moi, dans les différents RP qui sont sortis de la première carte RP-PvP quelqu'un avait établi une chronologie des différents événements majeurs et avait donné ce genre de date et je m'étais calquée dessus.


"You're a lizard, Laurie.
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A lizard."

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#5 27/04/2016 13:53:48

Hodgimann
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Re : Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

J'ai aussi vu passé des "Av.IRL" sauvages dans les RP plus anciens de la section mais le "Zp." m'a fait l'effet d'un OVNI. xD


Petit chaton Mignon (10), Koala (30), Girafe (60), Mouton laineux (100), AK Carambar (150), Toutou Noob (200), Vampire qui fait peur ! (300) et les grades disparurent...

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#6 02/04/2018 20:29:17

Black_lizard gardien
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Re : Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

Petit ajout au RP du post de tête (n'hésitez pas à le lire aussi ! smile )

DOCUMENT N°5 : Dans une potentielle V6 // Ruines de V5 – Souvenirs de Black Lizard

Black Lizard se souvenait.

À quel point le monde qu'elle connaissait autrefois était maintenant lointain.
Les contes et légendes étaient devenus une mythologie bien trop précise et stricte, officialisée et distribuée jusque dans les contrées les plus reculées de Veh Synch.
Les anciennes histoires peuplées de dragons, de merveilles, d'êtres plus mystiques les uns que les autres, d'enchantements et de magie étaient reléguées au simple rang de fabulations, de fables que l'on raconte aux enfants avant qu'ils ne sombrent dans le sommeil.
On ne rêvait plus. On agissait, on notait, on quantifiait, on ordonnait, on sondait, on votait. Chacun dans sa petite case, bien au chaud.
Où se plaçait-elle, elle ? Déjà bien trop en marge de cette société qui avançait à un rythme effréné elle avait un temps essayé de se raccrocher aux quelques éléments qui lui paraissaient familiers.
Construire une demeure. Lentement les réflexes reviennent. Faire des plans, s'intégrer au mieux dans ce terrain accidenté, l'harmonie avec le voisinage, l'équilibre des volumes, des pleins et des vides.
Les matériaux. Purs, chauds, enveloppants, riches et nobles. Une carapace de plus qui la sépare du reste.
Elle se tient seule en son centre, le doux foyer qui rougeoie palpitant nonchalamment en son sein. Son passé d'architecte remonte doucement dans sa vaste mémoire. Une case.


Comment elle s'était peu à peu sentie intégrée par ce monde.
Elle s'était discrètement faufilée dans la petite vie tranquille des Zcraftiens, souriante, aimable et timide. Elle liait des amitiés. Elle bâtissait. D'abord de faibles maisons, puis des temples, des édifices spirituels, des halls majestueux.
Elle rejoignait des chantiers gigantesques, où des ouvriers s'entraidaient, où les idées se confrontaient, s'entrechoquaient jusqu'à s'associer, se métamorphoser en une vision collective. Bien vite ces élans s’essoufflaient s'ils n'étaient pas entretenus.
On ne rêvait plus. On s'éloignait, on se barricadait, on s'emmurait, on cloisonnait, on se méfiait, on se séparait. Chacun dans sa petite case, bien au chaud.
Où se plaçait-elle, elle ? Déjà bien trop en marge de cette société qui bâtissait des murs pour se couper du monde elle avait un temps essayé de se raccrocher aux quelques éléments qui lui paraissaient familiers.
Parcourir ces terres. Lentement les réflexes reviennent. D'ouest en est. A travers les multivers elle retrouve les lieux emblématiques de son passage sur terre.
Relever les exploits des bâtisseurs unis, noter les coordonnées, traverser par tous les moyens, à la nage, à pied, avec ou sans monture. Emprunter les routes et les chemins de fer. Être témoin.
Elle se tient seule face à sa mappemonde, des dizaines d'épingles parsemant les continents. Ses souvenirs d'exploratrice refont surface. Une case.


Que le temps n'avait alors aucune emprise.
Au sein de cet univers s'écoulait une succession de temps, de vies. Vous viviez mille épopées quand votre voisin peinait à édifier sa première demeure. Les chronologies étaient tout à fait relatives et ce en fonction des êtres qui les composaient. D'un événement chacun racontait une version sans qu'aucune ne fut fausse. Il était possible de conter des choses futures, de construire ce qui appartenait déjà au passé dans ce temps qui s'engluait, sans cesse, durait, encore et encore et qui n'avait pourtant aucun impact sur le cosmos. Mais cet enchevêtrement complexe dérangeait. L'espace pouvait bien s'étirer à volonté, le temps lui se devait d'être immuable.
On ne rêvait plus. On triait, on datait, on hiérarchisait, on sectionnait, on effaçait, on rectifiait. Chacun dans sa petite case, bien au chaud.
Où se plaçait-elle, elle ? Déjà bien trop en marge de ces historiens qui classifiaient chaque information elle avait un temps essayé de se raccrocher aux quelques éléments qui lui paraissaient familiers. 
Raconter ces vies. Lentement les réflexes reviennent. Se remémorer. Les visages, les tics de langage, les attitudes. Chaque personnage oublié. Les paysages, les vallons, les rivières, les forteresses. Chaque contrée éloignée.
Les héros, les perfides, les chimères, les destinées. Chaque épopée négligée. Les existences croisées, les providences, les fatalités, les coïncidences. Chaque sentier effacé.
Elle se tient seule penchée sur son volume, la plume à la main. Les nuits au coin du feu passées à transmettre les récits de ce monde lui reviennent. Une case.


Case par case elle essayait de retrouver sa place, parmi les siens, dans ces lieux si familiers mais si distants.

Architecte, exploratrice, conteuse.


En vain. La lassitude profonde qui l'avait gagnée ne reculait en rien et emmurée dans cette torpeur placide elle cédait. Ce n'était pas que le monde qui avait changé, c'était elle qui était restée la même. Elle n'évoluait plus. Cloîtrée dans sa nostalgie elle avait laissé son entourage s'éloigner d'elle et la réalité la frappait avec la violence du ressac.

« Parfois ça s'essouffle un peu, parfois on se lasse de jouer au même jeu, mais la communauté est toujours présente et continue de rassembler des gens supers. »

Elle s'était alors détachée du monde. De cette matrice qui l'avait accueillie, chaude, enveloppante, tendre. S'ils n'étaient plus là, à quoi bon rester ? Pourquoi flâner sur les pavés déserts de ces centaines de villes, châteaux, temples, ports, usines, îles, navires, édifices tous plus grandioses les uns que les autres ? Qu'avait-elle à y gagner ?

Se réfugiant dans une région lointaine et solitaire, hors du temps, elle avait alors érigé son dernier rempart contre le reste. Un air glacial, un environnement sauvage et ces pierres claires qui s'étiraient vers le ciel obscur à l'infini, vers la nuit, le noir de l'espace, le vide de l'end sombre et chatoyant, les lumières diaprées englouties par les ténèbres, comme si le sol ne pouvait lui apporter qu'un réconfort sommaire et éphémère. Elle élève là ce cercueil, cet écrin des vestiges du passé. Dans ce monument qui s’étiole, se fane, périt au fil du temps, elle attend. Elle veille. Elle se souvient. Dans cette architecture qui devient ruine, se dégrade et s'éteint peu à peu, elle s'étend. Elle somnole. Elle se souvient.

Car c'est ce qu'elle sait faire de mieux. Se souvenir. Après tout c'est une gardienne. Une gardienne de la mémoire de ce macrocosme. Elle est la sentinelle de ces souvenirs. Une veilleuse. Une protectrice. Un cerbère. La concierge.

N'hésitez pas à donner votre avis et à lire les autres morceaux du RP si ça vous dit smile


"You're a lizard, Laurie.
I'm a what?
A lizard."

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#7 03/04/2018 18:55:30

Bambellop gardien
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Re : Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

C'est tout triste <3


– Préfète de Rive-Blanche en Alloria et Maire de Tentaclès –

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#8 03/04/2018 19:24:38

Tyrano gardien
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Re : Black Lizard - [titre classe et badass pas encore trouvé]

En tant qu'ancien même si c'est très centré sur Black_Lizard ça parle quand même, c'est bien dit et je m'y retrouve dans une certaine mesure.
En tant que nouveau joueur ça montre ce que le serveur peut représenter pour certains.

En dehors de ces interprétations, c'est toujours bien fait et très joli quand t'écris. Toujours content d'avoir un nouveau document à lire smile


Moi, mon postérieur et mon plat de nouilles.
Représentant du petit peuple.
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